Le père Goriot

Ce texte est une réponse à La maison de Balzac de Lucie Laval.

Le père Goriot - Chef d'oeuvre incontournable de Balzac

Le père Goriot fut publié en 1835 dans la Revue de Paris et sortit en 1842 en librairie. Ce roman fait partie au sein de la Comédie Humaine des Scènes de la vie privée, et nous dévoile effectivement l'intimité - dramatique - du Père Goriot, ancien négociant dont la fortune confortable a été mise à mal par ses deux filles, qu'il idolâtre. Installé à la Maison Vauquer, pension dont il occupe à son arrivée la plus belle chambre, il décède sous les toits dans un véritable taudis, n'ayant plus les moyens de s'offrir le moindre confort.

Car ses filles, qu'il a réussi à marier avantageusement, sont toujours à court d'argent et lui prennent tout ce qu'il a, jusqu'à ses boucles de chaussures. Le père Goriot quant à lui ne se plaint nullement de sa situation : ses filles sont son seul et unique trésor et il entend bien les satisfaire, même si cela doit lui coûter la vie. Donc Le Père Goriot, c'est à la fois un sublime dévouement (la scène de la mort du père Goriot est déchirante) et un très médiocre quotidien à la pension Vauquer : ragots, trafics crapuleux, voyeurisme et jugements hâtifs sont au programme. Et c'est bien sûr le mélange de ces deux registres qui rend ce résultat magnifique.

Un vieil homme seul dans un monde de femmes

Ce vieil homme est donc vampirisé par deux figures féminines, trois avec celle de Mme Vauquer, jusqu'à y laisser littéralement la peau. Les spectateurs de cette malheureuse histoire sont d'ailleurs en majorité des hommes : Eugène de Rastignac, son ami Christophe, le rusé Vautrin... Les filles du père Goriot rejoignent donc la ribambelle des femmes macabres, dont l'avidité mène les hommes à la mort, dans le sillage de Salomé, Médée ou encore Hélène de Troie... Pourtant elles n'en ont pas la prestance ni la beauté et c'est à peine si l'on se souvient de leurs noms à la fin du roman, car le père Goriot était bien le seul à leur accorder de l'importance. C'est peut-être cela le plus malheureux...

Première apparition du fameux Rastignac

Certains personnages de la Comédie Humaine sont plus incontournables que d'autres et font diverses apparitions dans plusieurs romans de cet ensemble gigantesque. Eugène de Rastignac est l'un d'entre eux, et ce personnage de jeune provincial ambitieux fait justement sa première apparition dans Le Père Goriot. Il réside lui aussi à la Maison Vauquer, et fait ses études de droit à Paris. Il découvre à la capitale toute la duplicité de la haute société (il assiste aux bassesses des filles du père Goriot, qui bien que fort bien mariées, n'hésitent pas à saigner un vieil homme et ne daignent même pas venir à son enterrement) et subit une véritable transformation entre le début et la fin du roman.

De jeune homme courageux et un peu naïf, il devient le portrait type du jeune arriviste qui n'hésite pas à tirer toutes les ficelles pour percer dans les hautes sphères : ses relations, son succès auprès des femmes, la flatterie... Une scène particulièrement célèbre est la suivante : suite à l'enterrement du père Goriot, Rastignac se trouve devant sa tombe sur un promontoire qui surplombe la capitale. C'est alors qu'il prononce la phrase devenue fameuse : "A nous deux maintenant" qui scelle sa métamorphose de "cœur pur" en arriviste déterminé. C'est sur ce triste défi que s'achève l'histoire du Père Goriot.

Lucie Laval dans Un Homme – Une Femme.
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