Salomé - Femme mortellement fatale

Ce texte est une réponse à Un homme, des femmes... de Lucie Laval.

Connaissez-vous l'histoire de Salomé ? 

Salomé était une jeune princesse. Sa légende est parvenue jusqu'à nous à travers le Nouveau Testament ; l’Évangile sel'on Marc et sel'on Mathieu nous narre sa terrible histoire. Nous sommes à la cour du grand Hérode, Tétrarque de Galilée. Ce dernier, pour des raisons politiques, vient d'épouser la femme de son frère encore vivant, et se trouve abondamment critiqué pour cet acte contre nature. Jean Le Baptiste en particulier, que le peuple surnomme "Le Prophète", poursuit le Tétrarque et sa nouvelle épouse, Hérodiade, de ses malédictions...

Cette dernière demande à son époux de mettre à mort Jean Le Baptiste, mais Hérode redoute un soulèvement. Lors d'un grand banquet donné à l'occasion de l'anniversaire d'Hérode, une jeune fille s'avance au milieu des convives. Soudain, elle se met à danser... Les minutes s'écoulent et personne ne songe à détacher ses yeux de ce corps indomptable et gracieux, de cette danse hypnotique, de cette mystérieuse fille. Enfin elle s'immobilise. Le Tétrarque a senti s'éveiller pendant cette danse un désir tel que sa vieille personne n'en avait ressenti depuis longtemps. "Demande-moi ce que tu veux, dit-il à la danseuse, je te l'accorderai." La jeune fille s'appelait Salomé, et elle était la fille d'Hérodiade. "Je veux la tête de Jean Le Baptiste" répondit-elle. 

Une figure de fascination pour de nombreux écrivains

Salomé est une femme qui fascine les hommes. Elle représente la séduction, la duplicité, la ruse et la cruauté féminines puisque grâce à sa beauté surnaturelle elle sert les plans de sa mère et demande la tête du prophète Jean Le Baptiste, qu'on lui sert immédiatement sur un plat d'argent. La femme est un danger, Salomé en est la preuve. Messieurs, prenez garde !

Ces messieurs les écrivains ont compris toute la complexité du personnage de Salomé, et cette dernière a fait couler beaucoup d'encre... Fl'aubert en a fait l'objet d'un de ses trois contes, Hérodias. Le héros névrosé du fameux A Rebours de Huysmans est obnubilé par les représentations de Salomé peintes par Gustave Moreau et dont certaines des plus belles se trouvent aujourd'hui au Musée d'Orsay. Mallarmé a mis en vers Les Noces d'Hérodiade et Oscar Wilde en a fait une terrible pièce de théâtre. Salomé a fasciné ces auteurs et dramaturges du XIXème siècle, par son pouvoir de séduction et la mort qu'elle sème autour d'elle...

Salomé : guilty or not guilty ?

Mais pourquoi tant d'attention ? Quel est l'enjeu de tout cela ? C'est très simple, résoudre le mystère de Salomé, c'est répondre à cette question : la femme est-elle une créature pernicieuse, définitivement condamnable, qui profite des faiblesses de l'homme ? Salomé (et toutes les femmes par extension) est-elle coupable ou non ? Est-ce une séductrice assoiffée de sang ou une jeune fille soumise aux volontés de sa mère ? Tout est là : Salomé est-elle complice, ou victime ? 

La Salomé de Gustave Moreau dans sa peinture L'Apparition paraît terrifiée à la vue de la tête de Jean Le Baptiste flottant dans les airs. Serait-ce du repentir ou la peur de la vengeance divine ? Mallarmé la décrit comme une jeune fille effrayée, pressentant l'horreur de ce qui va lui être demandé. Fl'aubert quant à lui la fait complice de sa mère. 

Mais finalement Messieurs, le mystère reste entier. Vous ne saurez jamais avant le dénouement si la femme que vous aimez ne demandera pas votre tête sur un plateau. Car chaque femme est un peu Salomé, ambivalente et séductrice, comme dans cette magnifique peinture de Paul Delaroche : 

Lucie Laval dans Un Homme – Une Femme.
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