Un homme, des femmes...

Un homme bien entouré

Je sais ! Je sais… ce n’est que le second article de cette chronique et je transgresse déjà les règles… Des femmes ! C’est épouvantable, scandaleux, limite incorrect etc. Je plaide coupable ! Mais c’est tellement tentant... Jean Lorrain, vous savez, cet auteur du XIXème à la plume exquise et névrosée, cet homme qui aimait les hommes et qui aimait à s’entourer dans sa littérature (en particulier les contes et les nouvelles) de belles et dangereuses figures de femmes…

Des femmes  souvent ambiguës

Les femmes sont une véritable obsession chez Lorrain. Elles ne sont d’ailleurs jamais complètement et simplement femmes : toujours liées à une destinée particulièrement terrible ou extravagante, elles détiennent des secrets et des pouvoirs insoupçonnés. Tantôt fées maléfiques et envoutantes jeunes filles dans Princesses d’Ivoire et d’Ivresse, tantôt riches héritières maudites dans Le Crime des Riches. Dans ce dernier recueil de nouvelles, réédité aux éditions Le Chat Rouge, Lorrain explore la féminine décadence des femmes de la Riviera, fausses marquises et vraies duchesses, cibles de scandales et d’aventures toutes plus incroyables les unes que les autres.

Cette femme, faisant depuis plus de quinze ans le deuil de son fils mort dans un accident de bateau, volontairement cloîtrée dans sa villa close et lugubre, pour imposer sa douleur à toute la Riviera. Ces masques du carnaval de Nice, ces dominos et ces clowns, ces figures faussement festives qui sèment la mort et la vengeance. Cette naine dans des atours de princesse, caprice d’un vieux banquier libidineux, répudiée du jour au lendemain et réduite à amuser les badauds dans des cabarets infects. Ces mortes à qui l’on voudrait donner l’illusion de la vie et ces vivantes qui portent sur elles l’ombre de la mort…

Un univers décadent à explorer sans modération

J’espère que ces petits amuse-bouches vous auront mis en appétit ! Ces nouvelles sont absolument délicieuses… Macabres certes, mais délicieuses. Et cet homme, qui sait si bien donner aux femmes un caractère tragique et fatal, cet homme fait planer entre ses lignes des spectres de femmes bafouées ou vengeresses. Parfois, mais parfois seulement, un visage innocent se fait jour. C’est si rare que c’en est à peine croyable… Car l’innocence semble toujours menacée de corruption : c’est le Crime des riches ! Retrouvez toutes les publications des éditions Le Chat rouge ici : http://www.lechatrouge.net/

Lucie Laval dans Un Homme – Une Femme.
- 1344 lectures


Ce texte à inspiré les textes suivants

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.