Jean de Tinan, fin de siècle !

Jean de Tinan : Une mort précoce

En 1898 mourrait à l’âge de 24 ans l’écrivain et journaliste Jean de Tinan, des suites d’une néphrite cardiaque et au terme d’une agonie des plus pénibles.

Il se cache derrière cette ô combien tragique déclaration deux douloureuses réalités :

1. Nous avons été privés trop tôt d’un talent à la fois sentimental et jubilatoire aujourd’hui malheureusement tombé dans l’Oubli.
2. À l’âge de 24 ans, ce jeune homme tourmenté et railleur s’était déjà fait une réputation d’Homme de Lettres, bien plus encore, avait déjà constitué une œuvre originale et étrange, composée de romans, d’essais, de journaux intimes, d’une correspondance extrêmement vaste et d’articles et chroniques innombrables publiés dans les grands quotidiens de la fin du XIXème siècle.

À 24 ans seulement.
Une jeunesse dédiée aux Lettres. Des lettres empreintes de jeunesse…

Un talent fou

… Une jeunesse effrénée, éperdue, essoufflée… et si intense. Quelle a été la vie de ce jeune écrivain ? Elle fut double. D’un côté, un idéal de tendresse et une sentimentalité à fleur de peau. De l’autre, un rire perpétuellement désabusé trainé sur le Boulevard parisien dans un costume digne d’un Brummell désargenté.

Grand ami de Pierre Louÿs, familier de Mallarmé, Heredia, Valéry, Debussy, Toulouse-Lautrec, Félicien Rops, Willy, Colette, Rachilde, Ern'est La Jeunesse, Christian Beck et tant d’autres… il hantait les cafés et les cabarets du Boulevard, de Montmartre et du Quartier Latin. Paris by night incarné dans ce que l’on appelait à l’époque le noctambulisme. Tous ces délicieux éléments de la jeunesse lettrée de cette fin de siècle, nous ne pourrons jamais véritablement en éprouver toute la richesse, aujourd’hui que le Boulevard n’est plus. Mais il est facile d’en retrouver toute les nuances troubles dans l’œuvre savoureuse de Tinan !

Un auteur à (re)découvrir !

Jean de Tinan a en effet connu et participé à ce rêve d’une jeunesse littéraire et enthousiaste, il regardait les œuvres de ses contemporains comme une émulation et ne les jalousait que pour les femmes et demi-vierges qu’ils avaient conquis avant lui et qu’ils délaisseraient tout aussi vite qu’il l’aurait probablement fait lui-même.
Cette insouciance et cette écoute de la vie de tous les jours demeurent les traits les plus charmants de cette œuvre d’une jeunesse enthousiaste et quasi infréquentable.

"Tu es destiné à être le plus littéraire et le plus "doué de fond" des humoristes d’aujourd’hui" disait Louÿs à Tinan.
Le destin joue parfois des tours cruels. Et pourtant, malgré une fin précoce, la prédiction de Pierre Louÿs semble s’être effectivement réalisée. Lisez Tinan !

Jean de Tinan en 3 citations

ENNUI - "Tant que je ne m'ennuierai pas, personne n'aura d'observations à me faire, le jour où je m'ennuierai, je m'oblitèrerai... et tout cela, parce que, lorsque j'en avais dix-huit, une fillette de quinze ans m'a dit qu'elle m'aimait !"

ECRITURE - "Des gens ont écrit cent volumes, ils auraient autant dit en dix, quelquefois en aucun. Je me fous de l'opinion littéraire ; seul m'importerait l'émotion de mes frères. De ceux pour qui on écrit sans les connaître."

ECRITURE - "J'ai essayé de me plier aux formes, j'ai commencé un roman, des contes. J'avais tort. Si je reprends un jour la plume,  lorsque j'aurai pensé un peu plus; j'écrirai tout droit devant moi, et si « le scandale arrive », tant pis."

Lucie Laval dans Illustres Méconnus.
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