Le Rose et le Noir - Catulle Mendès

Ce texte est une réponse à Jean Lorrain - La Mandragore de Lucie Laval.

Le Rose et le noir de Catulle Mendès aux Editions Le Chat Rouge

Ce n'est pas la première fois que je vous parle des Editions Le Chat Rouge, dont j'apprécie beaucoup le travail, et certains d'entre vous connaissent peut-être ma prédilection pour les auteurs français de la deuxième moitié du XIXème siècle... Donc je ne pouvais pas ne pas vous parler d'un ouvrage de Catulle Mendès, auteur méconnu s'il en est de nos jours, paru récemment au Chat Rouge : Le Rose et le Noir

Titre étrange, en demie teinte, qui nous fait immédiatement penser au très célèbre Le Rouge et le Noir de Stendhal mais qui nous livre un ensemble de nouvelles frappantes, élégantes et aux couleurs un peu passées. Si elles n'ont pas selon moi la verve des nouvelles de Lorrain, celles de Catulle Mendès demeurent cependant très intrigantes, faisant la part belle à un surnaturel à la fois raffiné et cruel. 

On y croise un squelette très envahissant chez un illustre ministre, une momie ressuscitée, un medium assassin qui ne l'emporte pas au paradis et une femme au visage disgracieux ayant servie de modèle pour une statue voilée qui fait tourner les têtes, entre autres curiosités bizarres. Une lecture dépaysante, qui nous plonge dans les superstitions de cette fin de siècle sulfureuse et qui nous donne envie d'y croire...

Vous avez dit Catulle Mendès ? 

Catulle Mendès n'est pas - plus - un auteur que l'on étudie, il n'est pas cité parmi les incontournables de la littérature française, sa plume n'est peut-être pas aussi virtuose ou caractérielle que celle de certains de ses contemporains et pourtant... il serait bien dommage de s'en priver ! 

Catulle Mendès, né en 1841 et mort en 1909, grandit à Toulouse et se fait connaître à Paris en fondant La Revue Fantaisiste à laquelle collabora Viliers de l'Isle-Adam. Il épousa la fille de Théophile Gautier, Judith, et fut à la fois grand défenseur de Wagner, fondateur du courant littéraire du Parnasse - au sujet duquel il écrivit La Légende du Parnasse Contemporain - et l'amant d'Augusta Holmès. Il fréquenta Leconte de Lisle, François Coppée, Léon Dierx, José Maria de Heredia, Théodore de Banvile... et mourut de manière relativement énigmatique en sautant d'un train en marche. Un auteur à ignorer, vous croyez ? 

L'art de la nouvelle au XIXème siècle

L'art de la nouvelle - que j'apprécie particulièrement - a le vent en poupe à la fin du XIXème siècle, qui voit fleurir des recueils tous plus merveilleux les uns que les autres. J'ai déjà cité Jean Lorrain, grand spécialiste de la nouvelle avec divers recueils tels que Le Crime des Riches, les Contes d'un Buveur d'éther, La Mandragore et Princesses d'ivoire et d'ivresse... Mais également Les Diaboliques de Barbey d'Aurevilly, les nouvelles de Poe dans la première moitié du siècle, celles de Rachilde - magnifiques ! - ou encore celles, très différentes, de Maupassant.. Bref, vous avez l'embarras du choix !

Pour en savoir plus sur Le Rose et le Noir de Catulle Mendès : http://www.lechatrouge.net/ouvragesChatRougeROSEETNOIR.htm

Lucie Laval dans Illustres Méconnus.
- 1032 lectures - mention j'aime

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.