Umberto Eco - Hommage

Ce texte est une réponse à Jean de Tinan, fin de siècle ! de Lucie Laval.

Umberto Eco est mort des suites d'un cancer

L'annonce a été faite hier matin, Umberto Eco est mort des suites d'un cancer le 19 février dans la soirée. Quelle sobriété, quelle aridité dans la formulation... C'est à la fois trop simple et beaucoup trop ennuyeux pour une telle figure internationale de la littérature. Lui qui était si virtuose, si espiègle. Qui s'essayait à tout et réussissait dans tous les genres, pour tous les publics... 

Umberto Eco le Jubilatoire, Baron de Châlon-sur-Sémiotique, historien de la beauté comme de la laideur, philosophe par vocation et journaliste à ses heures perdues (mais pas pour tout le monde), Umberto Eco donc, a quitté ce monde de frivolités pour se diriger vers d'autres horizons sans doutes plus divertissants. Littéraires toujours. Jamais ordinaires. Je vous le dis mes amis, il va me manquer. 

Le joyeux drille des Belles Lettres

Je n'ai lu que quelques livres d'Umberto Eco, dont bien sûr le fameux Nom de la Rose, son Histoire de la Beauté, sa Quête d'une langue parfaite dans l'histoire de la culture européenne et quelques autres. Ce qui m'a toujours frappée dans les livres d'Umberto Eco, c'est sa capacité à rendre accessible à tous les propos les plus approfondis. Bien loin de faire de la bête vulgarisation, il me semble que cet écrivain partait du principe que son lecteur, quel qu'il soit, n'était pas plus con qu'un autre. 

Et de là il se mettait à expliquer dans une prose sympathique des notions qui pourtant s'avéraient assez complexes. Mais la volonté de transmettre était innée chez lui et il ne ménageait pas ses efforts pour faire la lumière dans nos petits cerveaux de néophytes. En tous cas c'est ainsi que j'ai lu ses livres, en me disant qu'ils émanaient d'un auteur d'une grande générosité, qui n'était pas là pour impressionner mais pour rendre service. Et les auteurs comme ça, ça ne court pas les rues. 

Quelques souvenirs d'Umberto Eco

Quelques souvenirs me reviennent en vrac lorsque je pense à Umberto Eco, des souvenirs attachants. Le premier ce fut ma lecture du Nom de la rose en espagnol dans le texte : je vivais alors en Espagne et je m'étais dit que ça me changerait un peu de lire ce livre non pas en VO, je ne parle pas italien, mais en espagnol. Chacun ses lubies. Je n'avais pas pu lâcher ce livre pendant plusieurs jours... Puis j'avais revu le film avec Sean Connery et c'était vraiment une bien belle semaine que j'avais passé là...

Un autre jour je visionnais la vidéo promotionnelle du Salon du livre rare 2015, qui cette année-là il me semble était présidé par Umberto Eco. En tous cas il était présent, et il avait une bien curieuse manière de faire ses courses. Tout d'abord il se rendait sur tous les stands sans en oublier un seul pour demander les catalogues des libraires et éditeurs présents, puis il s'isolait dans un coin pour passer en revue ces listes d'ouvrages anciens et décider par où il allait commencer sa chasse... Parce qu'Umberto Eco, en plus d'être un écrivain, philosophe et journaliste de talent, était un grand chasseur de livres... Bref, un type génial.  

Lucie Laval dans Illustres Méconnus.
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