Chercheur en littérature - Enquête Jean de Tinan

Ce texte est une réponse à Jean de Tinan, fin de siècle ! de Lucie Laval.
Je me suis entretenue dans cette rubrique des métiers du livre avec de nombreux éditeurs, quelques auteurs, des libraires et des blogueurs mais je n'avais pas encore eu l'occasion de vous  proposer un entretien avec un chercheur ! Or j'ai travaillé il y a quelques années avec un professeur de l'Université de Séville, Jean-Paul Goujon, qui est le biographe de l'auteur sur lequel je travaillais en Master à la Sorbonne, Jean de Tinan. Son interview est une nouvelle opportunité de découvrir un métier passionnant sur Librosophia !

Jean de Tinan - Biographie

Jean de Tinan est un auteur fascinant dont je vous ai déjà parlé sur Libro, mais il continue invariablement à me hanter et je fais régulièrement des rechutes tinanesques : chacun sa drogue. Or il se trouve que les éditions Bartillat ont récemment réédité la biographie de Jean de Tinan par Jean-Paul Goujon et qu'elles ont publié son Journal Intime de 1894-95, présenté également par Jean-Paul Goujon. J'ai eu l'occasion de rencontrer Charles Ficat, éditeur aux Editions Bartillat, qui a accepté de nous parler en détail de ce double événement autour de Jean de Tinan.






Jean-Paul Goujon - Interview

Jean-Paul Goujon, vous êtes professeur honoraire de littérature française à l'Université de Séville, spécialiste des écrivains 1900, et biographe (entre autres) de Jean de Tinan. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre parcours ?

Mon parcours peut sembler un peu exotique, si j’ose dire. Après la khâgne à Henri-IV et la Sorbonne, j’ai été deux ans lecteur à l’Université de Iasi, en Roumanie, puis, un peu par hasard, j’ai ensuite atterri comme lecteur à Séville, ville qui, à mon arrivée en 1975, vérifiait encore le mot de Pierre Louÿs en 1898 : « Séville est plus loin de Paris que Varsovie. Ça n’a pas l’air... ». Au fil des années, j’y suis resté, car, en plus de mon travail à l’Université, j’y trouvais beaucoup d’avantages. Outre la beauté de la ville et la richesse de sa culture populaire, je me rendais compte que j’y échappais à un certain parisianisme littéraire, aux rendez-vous et relations obligatoires, bref à toutes sortes de faux-semblants, de corvées et de compromissions. Surtout, le temps, ici à Séville, est autre. Il a une autre dimension, ce qui m’a permis de pas mal travailler. C’est ainsi que j’ai pu écrire des biographies de Renée Vivien, de Pierre Louÿs, de Jean de Tinan et de Léon-Paul Fargue, sans parler de nombreuses d’éditions de correspondances ou textes inédits de ceux-ci.

Comment avez-vous découvert Jean de Tinan et pourquoi cet auteur a-t-il attiré votre attention ?

Là aussi, cela peut paraître curieux. Cela doit remonter à 1970 ou 1971. J’ai découvert Tinan en lisant les Mémoires intérieurs de Mauriac (mais oui), qui en parle d’une façon émue et qui m’avait frappé ; cela m’a donc incité à me procurer ses œuvres, qui n’étaient pas encore rééditées en 10/18. Chez un bouquiniste de Montmartre, j’ai trouvé la belle édition au Sans Pareil de Penses-tu réussir...!, qui m’a conquis. Et ce pour plusieurs raisons : son style même, sa désinvolture, son ironie, son dandysme, sa sentimentalité aussi. Il y a là un mélange qui m’a semblé très original, et que l’on retrouve dans des livres comme Le Petit Ami de Léautaud et Mon amie Nane de Toulet — écrivains qui furent d’ailleurs tous deux amis de Tinan et, comme lui, très influencés par Stendhal. 

Je vous parle du style, mais n’allez pas imaginer que j’entends par là la perfection formelle et académique de l’écriture. Non, c’est tout autre chose, le style : c’est la forme que prend une vision du monde, une sensibilité, un caractère, une manière d’être. Or, l’originalité et le style sont choses innées. L’instruction ni la pédagogie n’y peuvent absolument rien — heureusement. L’exemple le plus extraordinaire, pour le style, est évidemment Saint-Simon, lequel n’alla ni au lycée ni à l’Université et n’eut aucun contact avec le milieu littéraire. Mais voilà que nous avons inventé les « ateliers d’écriture », autrement dit l’art de faire pousser des pommes sur des sapins !

Votre biographie de Jean de Tinan vient de paraître aux éditions Bartillat : quels sont les défis que doit relever un biographe dans ses recherches ?

Un grand libraire, chez qui j’avais acheté une photo de Tinan dédicacée à Louÿs, m’avait dit cette phrase profonde, alors que je lui parlais de mes recherches : « Vous êtes condamné à inventer.» Cela veut dire qu’un biographe doit tenir pour assuré qu’on ne peut jamais connaître totalement la vérité d’un être, surtout lorsqu’on ne peut se baser que sur des documents et des témoignages. N’importe quel chroniqueur judiciaire vous le dira : il n’y a pas de vrai témoignage. Tout témoignage est fatalement partiel, sinon partial. Et puis, regardez un peu, par exemple, les livres de souvenirs et de mémoires : la plupart d’entre eux se caractérisent par une cécité absolue. Ces gens-là ont vécu sans rien voir ni rien comprendre. Leurs livres sont mortellement ennuyeux. Aucun pétillement, aucune fantaisie, tous sont sérieux comme un âne qu’on étrille. La seule chose qu’ils savent, c’est parler d’eux-mêmes, car il n’y a visiblement que cela qui les intéresse, ou bien alors ils répètent : « Ensuite, ce grand homme m’invita à dîner... » 

Très souvent, les meilleurs témoins, les plus intimes ou les plus véridiques, n’ont pas laissé de témoignage écrit ou oral : soit parce qu’ils n’étaient pas des écrivains, soit parce qu’ils ne voulaient ou ne pouvaient pas témoigner de tel ou tel fait. Donc, zéro. Quant aux documents, ils sont évidemment précieux, mais je suis arrivé à un certain scepticisme à leur sujet. Eux aussi ne nous donnent qu’une vue partielle du biographé. D’abord, on peut se demander sérieusement combien de documents ont survécu, et combien ont été perdus ou détruits ? Ces derniers n’étaient-ils pas les plus intéressants ou les plus révélateurs, qui sait ? Prenons le cas des lettres, car à cette époque de 1900 on s’écrivait encore beaucoup, heureusement. Nul doute que ces lettres expriment les sentiments de leur auteur (car Tinan, pas plus que ses amis Louÿs, Toulet ou Léautaud, n’écrivait de lettres mondaines ou flatteuses — contrairement à Proust, dont la correspondance est souvent d’une insincérité frappante, voire gênante), mais toute lettre n’est finalement que l’expression de l’état d’esprit de son auteur au moment où il la rédige. 



Or, cet état d’esprit est nécessairement variable, et la personnalité même de l’écrivain varie elle aussi avec le temps. Il faut donc tenir compte de tous ces paramètres, qui sont en fait des variables. Ensuite, une fois la documentation réunie, il faut en faire le tri, et la considérer avec un œil critique, ce qui n’est pas toujours facile. Comment interpréter des documents parfois contradictoires et souvent lacunaires ? Un autre défi, c’est celui de l’objectivité. Pour moi, elle n’existe pas. Je veux dire qu’une bonne biographie suppose chez son auteur une certaine sympathie pour son sujet. Autrement, si on le déteste, pourquoi s’embarquer dans une biographie ? Mais un biographe doit soigneusement éviter que son livre prenne l’aspect d’une hagiographie. Or, cela arrive assez souvent. 

Je lisais récemment une biographie d’un romancier de seconde ou de troisième zone, où on le comparait au passage à Rimbaud : pourquoi pas à Balzac, Cervantès ou Shakespeare, pendant qu’on y est ? Entre la pommade et le fouet, il y a tout de même un juste milieu, ne croyez-vous pas ? Aussi le biographe doit-il faire preuve d’honnêteté face à son modèle. Notez aussi que certains biographes en profitent largement pour parler d’eux... et que d’autres, plus pressés, fabriquent des biographies torcheculatives en quelques mois avec du copié-collé piqué sur Internet, des photocopies, un tube de colle et des ciseaux — alors qu’une biographie exige plusieurs années de documentation, de lectures, de réflexions et de rédaction. Vous me direz que la tendance actuelle n’est pas à l’effort, surtout de longue durée... 

Une chose qui est également importante, et que les jeunes générations actuelles semblent avoir un peu perdu de vue (c’est un euphémisme), c’est l’histoire littéraire et la perspective historique et chronologique. Elles seules permettent de bien situer l’écrivain, à la fois par ce qui le précède, par ce qui cœxiste avec lui et par ce qui lui succédera. Cela évite surtout les erreurs ahurissantes que je trouve de temps en temps dans certaines biographies : bientôt, on nous montrera Nerval passant des coups de fil ou Chateaubriand prenant l’avion... En outre, on évitera ainsi d’attribuer à une époque passée les préjugés et les tabous actuels, et tout ce que la nôtre juge « correct ». Simplement, ces gens-là avaient leurs idées, et nous avons les nôtres. Iriez-vous par exemple attribuer aux Égyptiens du temps de Ramsès II des idées républicaines et démocratiques ? Non. Alors ? — Voyez-vous, et pour revenir aux généralités, tout biographe devrait garder présents à l’esprit deux mots. Le premier, un peu décourageant, est d’Apollinaire : "Tu ne connaîtras jamais bien les Mayas". Le second, de Cocteau : "Il est vrai que les gens gagnent à être connus". Ils y gagnent en mystère. Au fond, c’est ce qu’apprend — ou devrait apprendre — toute vraie biographie. Pour moi, la meilleure que j’aie lue depuis longtemps est celle de Péladan par Christophe Beaufils : un vrai chef-d’œuvre d’érudition et d’ironie, écrit par un franc-tireur.

Quelle est la journée type d'un chercheur en Lettres ?

Il n’y a pas vraiment de journée-type, et puis mon cas est un peu particulier, car je suis à la retraite. Auparavant, je ne pouvais évidemment consacrer la plus grande partie de mes journées à la recherche. Et puis, il y avait autre chose, dont on ne se rend plus très bien compte en 2016 : Internet n’existait pas, ni Gallica, ni les e-mails. Donc, il fallait se rendre sur place en France pour consulter des livres ou des documents dans les bibliothèques. Et y passer des semaines, avec tous les frais énormes que cela suppose. Les lettres mettaient des jours et des jours pour arriver à Séville, et c’est ainsi que j’ai raté des documents et des manuscrits importants, parce que le catalogue de vente ou de libraire me parvenait trop tard : je téléphonais, c’était déjà vendu ! Aujourd’hui, c’est heureusement différent. 

Pour revenir à votre question, je commence par regarder mes e-mails, car, outre que je suis en liaison avec des amis ou collègues chercheurs pour partager des informations, je suis co-directeur de la revue Histoires littéraires, ce qui m’impose un travail assez suivi (lecture d’articles proposés, constitution des numéros à venir, correspondance avec les collaborateurs, correction d’épreuves, etc.). Cela n’est pas incompatible avec la recherche, au contraire : on apprend ainsi beaucoup de choses. Ensuite, je me mets au travail qui m’occupe à cette époque-là, ce qui me donne l’occasion de parcourir des livres, ou de la presse ancienne en ligne sur Gallica, etc. Ce qui est curieux, et pour moi fort intéressant, c’est que de telles recherches vous entraînent souvent dans des directions totalement insoupçonnées : le sommaire de telle revue vous fait soudain découvrir un article ou un texte ignoré de tel autre écrivain, qui vous intéresse par ailleurs. Plus on cherche, et plus on trouve, mais si on ne trouve pas toujours ce que l’on cherche, on trouve par contre souvent ce que l’on ne cherchait pas... 

J’ai d’ailleurs beaucoup de mal à limiter mes curiosités à Tinan et à l’époque 1900, et je m’intéresse aussi bien aux incunables du XVe siècle qu’à la poésie du XVIIe, à Lautréamont qu’au Songe de Poliphile ou à Giorgio Baffo — tout cela gratuitement, en quelque sorte. J’ai souvent constaté que les lectures en apparence les plus désordonnées sont les plus nourrissantes. Maintenant, à la fin de la journée, je me repose et me garde bien de me laisser tenter à la TV par ces monotones et lugubres polars mettant en scène des psychopathes et des tueurs en série... Enfin, car je crois que cela fait partie de l’hygiène intellectuelle, et contrairement à certains de mes collègues et amis, lorsque je suis en vacances, je me déconnecte complètement : pas d’ordinateur, pas d’e-mail, pas de courrier normal, pas de livre à lire pour mes recherches, rien du tout. Le monde actuel veut absolument que nous soyons localisables en permanence : moi, quand je suis en vacances, ce qui m’intéresse, c’est de ne pas être localisé. Je ferme boutique, voilà tout.

Les documents concernant Jean de Tinan étaient-ils très éparpillés ?

Oh oui, énormément ! Il m’a donc fallu me transformer en détective pour retrouver leur trace. Cela m’a donc obligé à aller à Paris, mais aussi, et plus d’une fois, en Belgique et en Suisse, dans des collections privées, car les bibliothèques publiques françaises ne possèdent pas grand chose de Tinan. J’ai notamment eu la chance de pouvoir entrer en contact avec le grand collectionneur belge Charles Hayoit, un homme délicieux et très généreux, qui avait réuni une superbe collection d’éditions originales et surtout de manuscrits de Tinan. Il me communiqua copie de beaucoup de choses très précieuses. Il avait une bibliothèque absolument magnifique, et qui fut vendue aux enchères à Paris en 2001. J’avoue que cela était impressionnant et comme irréel d’être, à déjeuner chez lui, servi par des valets de pied en costume Louis XV, devant des tableaux de Brueghel et de Fragonard... 

Le nom de Tinan fonctionna souvent comme une sorte de sésame, et mes recherches m’ont justement permis d’entrer en relations, et parfois de me lier d’amitié, avec des gens hors série comme Pascal Pia, Auriant, Claude Pichois, François Caradec, sans oublier mon vieil ami William Théry. C’est d’ailleurs celui-ci qui imprima et publia, en 1977, mon tout premier ouvrage : une plaquette intitulée L’amitié de Pierre Louÿs et de Jean de Tinan. Mais, pour le reste, que de documents perdus ou qui n’ont jamais resurgi, dont seule subsiste une maigre trace dans un catalogue de vente des années 1930 ou 1950... Désespérant. Une chose très curieuse, c’est la bizarre fatalité qui fait que, lorsque vous avez terminé et publié une biographie, des documents que vous ignoriez resurgissent subitement et comme infailliblement. Preuve que la recherche n’est jamais terminée, et qu’il n’y a sans doute pas de « biographie définitive ».



  

Quelle a été votre plus belle découverte en tant que chercheur concernant Jean de Tinan ?

Il y en a eu plusieurs, et je dois dire que chaque découverte était même pour moi un grand plaisir. Il est vrai que, sauf Claude Sicard, personne avant moi n’avait vraiment cherché. Mais quel ne fut pas mon émerveillement lorsque, dans une grande collection privée suisse, je tombai sur les originaux de toutes les lettres de Pierre Louÿs à Tinan, avec, à côté, bon nombre de réponses de Tinan. Près de deux cents lettres, toutes dans leurs enveloppes d’origine. Tout cela inédit, et même inconnu. Le plus merveilleux était que tout cela était rangé pêle-mêle dans de simples et minables boîtes à chaussures, le propriétaire ne le considérant visiblement pas comme vraiment prestigieux ! Cela dormait là depuis les années 1930, quand cela avait été acquis directement des héritiers de Pierre Louÿs... Mais la découverte la plus émouvante, sans doute, pour moi eut lieu au début de mes recherches, chez un grand libraire parisien, parmi d’admirables reliques littéraires : une petite photo de Tinan avec une très amusante dédicace à Pierre Louÿs, que je pus acquérir pour un prix non pas modique, mais absolument ridicule.

Pourriez-vous nous dresser un portrait de cet écrivain "fin de siècle" qui mourut beaucoup trop tôt à mon goût ?

Pas facile... Il m’a fallu 500 pages pour en venir à bout, et vous vous rendez compte que Tinan est mort à 24 ans ! C’est en somme le portrait d’un jeune homme, dernier rejeton d’une lignée aristocratique, qui découvre le monde et la vie, avec un grand appétit, mais avec aussi une sensibilité très vive et le désir de se connaître soi-même pour mieux en profiter. De là une boulimie de lectures, de nombreux flirts avec des « jeunes filles en fleurs », une terrible déception sentimentale, puis la découverte de Paris et des milieux littéraires. Cette évolution très rapide se double d’un intense apprentissage littéraire, qui lui fait accumuler les projets et les ébauches, puis donner en l’espace de cinq ans ses œuvres essentielles : Un Document sur l’impuissance d’aimer (1894), Penses-tu réussir...! (1897), L’Exemple de Ninon de Lenclos amoureuse (1898), Aimienne (1899, posthume), Noctambulismes (1921, id.). Il fréquente alors tout ce qui compte ou va compter en littérature en en art : Mallarmé, Verlaine, Louÿs, Debussy, Valéry, Rops, Toulouse-Lautrec. Son ironie et sa désinvolture servent souvent de masque à sa sensibilité et à son romantisme profond. Ce qui est remarquable, c’est que, mort si jeune, il ait autant écrit, et que, plus de cent ans après, son œuvre puisse nous séduire et nous retenir.

Jean de Tinan était l'ami de nombreux écrivains prestigieux comme Pierre Louÿs, Léautaud, Heredia... Selon vous en quoi se démarquait-il de ses illustres compagnons ?

Par sa personnalité même, par son originalité et son indépendance. Littérairement, ce n’était pas un Parnassien comme Louÿs et Heredia. Ce n’était pas non plus un Symboliste perdu parmi les rêves, même si cela le tenta au tout début. Non, il s’est pris lui-même comme objet d’étude, et aussi les gens et le monde qui l’entourait. Il n’a pas cherché l’évasion facile, ni la fuite dans l’abstrait ou le rêve. Il détestait les théories et les systèmes, et avait raison. Sa sensibilité lui a permis de nous laisser une évocation très vivante et très prenante du monde qui était le sien. En ce sens, et toutes proportions gardées, bien sûr, il ressemble à son ami Toulouse-Lautrec, lui aussi témoin de son temps.

Vous avez également fait paraître chez Bartillat le Journal intime 1894-95 de Jean de Tinan, nous aurons prochainement l'occasion d'en reparler. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cet ouvrage ?

C’est un texte inédit, qui est capital pour la connaissance biographique de son auteur, mais qui est aussi important parce qu’il nous montre le passage entre le Tinan première manière, provincial et sentimental, et le Tinan « adulte », parisien et ironique. Une grande partie de ce texte est dominée par une violente crise sentimentale, qui faillit abattre Tinan fin 1894. On y voit aussi ses premières amitiés et ses rencontres avec des gens comme Mallarmé (très beau récit de sa visite chez lui), Louÿs, Debussy, Valéry, Péladan, bref la découverte de Paris, des filles du Quartier latin et des milieux littéraires. C’est en somme très représentatif d’une certaine écriture intime pratiquée par Tinan.



Un immense merci à Jean-Paul Goujon et Charles Ficat pour ces interviews passionnantes et si vous souhaitez consulter le catalogue des Editions Bartillat c'est par ici : http://www.editions-bartillat.fr/catalogue.php 

Lucie Laval dans Métiers du livre.
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