Hitzak - Un poète et des musiciens

Ce texte est une réponse à Le quotidien d'un éditeur atypique de Lucie Laval.
En général, dans cette rubrique "Métiers du livre", je vous parle d'éditeurs, d'auteurs, de diffuseurs, de libraires... Et bien aujourd'hui je vous parle de musiciens ! Mais attention, ce sont des musiciens qui bien évidemment ont des atomes crochus avec la littérature... Hitzak, c'est un groupe tout à fait atypique qui met en musique et interprète les textes d'un poète écossais ! C'est une association qui m'a tout de suite beaucoup plu et c'est pourquoi je suis allée à leur rencontre pour en savoir un peu plus à leur sujet... C'est Alex (compositeur) et Stuart (poète) qui ont gentiment répondu à mes questions !

Hitzak - Interview

Pouvez-vous nous présenter le "projet Hitzak" et nous expliquer comment il est venu au monde ?

Alex : Hitzak est né d'une collaboration entre moi même, compositeur, et Stuart, poète et parolier vivant à Paris depuis plus de dix ans. Tout a commencé lorsque Stuart a publié une annonce sur le site communautaire Craigslist. Il était alors à la recherche d'un compositeur pour mettre en musique ses textes. J'ai répondu, et de plusieurs rencontres est né un premier album, "If things are broken", sous le nom Wabi Sabi. Puis... Plus grand chose pendant un an, jusqu'à ma rencontre avec Seth Kaplan, un violoncelliste américain, véritable virtuose sur son instrument, venu passer quelques mois à Paris. 

Après avoir passé quelques après-midi à jouer avec Seth au Louvre et à Notre Dame pour les touristes, je me suis dit qu'ajouter Stuart à cette formule pourrait être détonant... Et en effet, deux jours plus tard nous faisions notre premier open mic au Highlander, célèbre pub Irlandais de Paris. Depuis, Seth est reparti, et le groupe n'a cessé de s'enrichir, atteignant aujourd'hui le nombre de 6 membres. Nous avons sorti notre premier album "Little Black Book" (disponible sur Spotify, Deezer, iStore, etc...).

Qui sont les différents membres du groupe ?

Alex : En plus de Stuart et de moi-même, le groupe comprend désormais Marta Lewandowska au violoncelle, Antoine Boyaud au violon, Guillaume Dalençon au saxophone et à la basse/synthé, et Alejandro Guerrero aux percussions. Au final, nous avons donc dans nos rangs une Polonaise, un Vénézulien, et un Ecossais, en plus de trois Français !

Cette "association" avec un poète nous intéresse beaucoup : que pensez-vous de ce duo musique-poésie ?

Stuart : L'annonce que j'ai publiée avait pour titre Poemsongs, et c'est bien ça que je voulais faire, des chansons-poèmes. Pour moi, ces textes n'ont pas de vie propre sans leur musique, ce ne sont pas des poèmes mis en musique, c'est vraiment en mettant ensemble le texte et le son que les morceaux prennent forme. Et la façon de les "chanter", où placer le texte, a son importance aussi.

Alex : C'est aussi dans la façon dont le texte se "loge" dans la musique que notre formation est assez originale, je crois. En effet, le texte n'est pas "flottant" sur la musique, chaque phrase est prononcée à un moment précis, à la manière de chansons - le chant en moins !
Vos textes sont en anglais et en écossais : de qui ou de quoi sont-ils inspirés ?
Stuart : La plupart de mes textes sont en anglais mais j'en ai effectivement un en langue écossaise qui parle de comment je me sentais au lendemain du référendum pour l’indépendance de l'Ecosse. Mais malgré ce texte politique et revendicatif, la plupart du temps je parle de relations humaines, des relations de couple et des petites scènes de vie. Comment tu te sens quand tu lèves les yeux de ta pinte de bière et tu vois une jolie fille en face de toi. Le fait que l'amour est un bête sauvage que nous ne domptons pas. Des choses comme ça. Love and life.








  

Quelles sont les grandes difficultés que l'on rencontre lorsqu'on met un texte poétique en musique ?

Alex : C'est un exercice totalement différent que l'écriture d'une chanson, où il faut veiller à respecter une certaine structure, à avoir une mélodie vocale mémorisable pour le refrain, etc... Composer pour Hitzak, ça se rapproche plus de l'écriture d'une musique de film, dont Stuart serait le narrateur. Du coup la difficulté, c'est d'être tout de même intéressant musicalement, et de ne pas être juste un "fond sonore".

Parlez-nous d'une de vos chansons en particulier : son histoire, sa genèse.

Stuart : Nous avons un morceau qui s'appelle One Last Folk Song qui est le seul titre sur notre album où Alex et moi, on s'est dit Il faut qu'on fasse un morceau qui parle ça. A ce moment-là, on jouait pas mal dans les scènes ouvertes à Paris, et on avait découvert un bar irlandais qui s'appelait The Coolin qu'on aimait beaucoup. C'était un endroit hyper-chaleureux, la musique y avait une place importante et quand un groupe y jouait, le public écoutait avec attention, comme une famille.

Et bien, ce bar, où plutôt le marché St Germain où il se trouvait, a été rachété pour construire un Apple Store. Du coup, on a voulu marquer le coup en faisant un morceau qui parle de notre amour pour cet endroit si convivial qu'on voulait jouer lors de leur dernière soirée open mic. Ce qu'on a fait. Et c'était hyper émouvant, il y avait même une femme qui est venue me parler en larmes à la fin.

Quels sont vos projets pour 2016 ?

Alex : Nous avons la chance de faire partie du Fallenfest, qui est un des plus grands tremplins musicaux de France. Cela va nous permettre de toucher un nouveau public. Nous venons de passer le premier tour. En plus de la composition du deuxième album, notre objectif pour 2016 sera de poursuivre les concerts, nous l'espérons également en dehors de Paris, afin de toucher un public toujours plus large. N'hésitez pas à venir nous voir sur scène, ou à nous contacter pour nous faire venir jouer dans votre ville !

Lucie Laval dans Métiers du livre.
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